Histoire et Évolution de la Fédération du Patrimoine Maritime Méditerranéen
Les Défis de la Création d’une Fédération Maritime Méditerranéenne
La mise en place d’une Fédération du Patrimoine couvrant deux régions, s’étendant sur un vaste arc littoral de près de 1 000 km – avec un trait de côte atteignant 2 000 km – constitue une entreprise complexe. Ce projet se heurte à la diversité des traditions et des orientations culturelles qui caractérisent les territoires compris entre la frontière italienne, la frontière espagnole et la Corse, rendant la fédération difficile à structurer et à animer.
Les Premières Initiatives : Naissance en Roussillon
Le 4 décembre 1986 marque la naissance du mouvement fédéraliste pour la défense et la valorisation du patrimoine et de la culture maritimes méditerranéens. Ce mouvement prend forme avec la publication au Journal Officiel de la constitution de l’association « Fédération Méditerranéenne des Vieux Gréements », dont le siège est le paillebot « Principat de Catalunya », rebaptisé par la suite « Miguel Caldentey » et amarré au port de Canet-en-Roussillon.
En 1988, cette fédération change de nom pour devenir la « Fédération Méditerranéenne pour la Culture Maritime », à l’image des fédérations déjà existantes en Bretagne et en Normandie. À cette époque, Robert Bataille (Canet-en-Roussillon) en est le président, Michel Rezé (Agde) le secrétaire général, Michel Rougier (Sète) le trésorier, tandis que Michel Rohée (Toreilles), Philippe Derain (Marseille) et Gérard Bani (Sète) occupent les postes de vice-présidents.
En 1989, la fédération participe au Salon Nautique de Marseille avec plusieurs embarcations emblématiques, telles que le Don du Vent, San Troupès, Obock, Vieux Crabe et Volubilis. Elle organise également la Caravane Méditerranéenne pour faire connaître la revue Capian et diffuser le mouvement fédéral dans les ports méditerranéens. La tartane San Troupès et d’autres bateaux prennent part à la régate des voiles latines de Stintino, en Sardaigne. Une collection de bateaux est constituée à Barcarès, qui, après bien des péripéties, deviendra trente ans plus tard la base de l’Atelier des Barques de Paulilles.
Toujours en 1989, la fédération regroupe alors trente-neuf associations.
Développements et Difficultés des Années 1990
En 1990, la revue Capian voit le jour en partenariat avec la FMCM. Elle ambitionne de jouer pour la Méditerranée un rôle équivalent à celui du Chasse-Marée, mais cet objectif ne sera finalement pas atteint. À cette époque, l’absence de moyens de communication modernes, tels que les téléphones mobiles et internet, rend difficile le rassemblement des adhérents et la création d’un lien fédérateur solide. La fédération doit composer avec la dispersion géographique et la diversité des préoccupations de ses membres sur l’ensemble du bassin méditerranéen.
Transition vers le Languedoc
En 1993, Jean-Yves Descamps, fondateur de l’association Marine et Tradition, conseiller municipal à Palavas, prend la présidence de la FMCM, dont le siège est transféré à Palavas. Il lance des actions de découverte et d’apprentissage de la voile latine, ainsi que le concept de « match race » entre catalanes, dont les importantes primes versées aux vainqueurs vont beaucoup contribuer à modifier l’état d’esprit des rassemblements ultérieurs.
En 1995, il organise une rencontre à Palavas avec les candidats méditerranéens du concours « Mémoire des Côtes de France », qui exposent ensemble leurs travaux à La Ciotat en août 1995.
Sous son impulsion, la fédération connaît un regain d’activité, mais après son décès, elle retombe en sommeil, et ce de manière définitive sous cette appellation.
Transition vers la Côte d’Azur
En mai 2001, lors des premières Rencontres du Patrimoine Maritime Méditerranéen à Saint-Tropez, la nécessité de fédérer les associations œuvrant pour la sauvegarde du patrimoine maritime devient une évidence. Trois associations – La Partègue (Giens), Les Amis de la voile latine-Le Manchot (Toulon) et le Centre d’Information et de Coordination des Associations (Giens) – constituent le noyau dur à l’origine du projet. Les statuts de la « Fédération des Associations et Organismes œuvrant pour le maintien et le développement du patrimoine maritime du Var et de la Méditerranée » sont déposés le 24 octobre 2001, sous la présidence de Patrice Resch.
Des réunions à l’Estaque en 2002 puis à Sète en 2003 affirment la nécessité d’une dimension méditerranéenne pour la fédération. Le 6 décembre 2003, les statuts de la Fédération Patrimoine Maritime Méditerranéen (FPMM) sont adoptés. Patrice Resch demeure président, Marie France Pelletier devient secrétaire générale et Colette Dublanc, trésorière.
Entre 2004 et 2006, la FPMM accueille de nouveaux membres, concentrant son activité sur cet objectif. En février 2007, Patrice Resch souhaite passer la main et convoque une Assemblée Générale Extraordinaire à Toulon. Un nouveau Conseil d’Administration est élu, avec Jacques Eymery à la présidence, épaulé par plusieurs vice-présidents et un bureau renouvelé. Trois commissions sont créées : BIP, Inventaire, Manifestations (calendrier). Malgré cela, des difficultés de communication et des tensions internes apparaissent, conduisant à la démission rapide du président.
Dominique Taillez prend la présidence. Lors de l’assemblée générale du 4 décembre 2007 à Palavas, douze associations en PACA et six en Languedoc-Roussillon sont affiliées, tandis que vingt-quatre associations sont représentées par trente-deux personnes, signe d’une forte attente.
Transition vers la Provence
À la mi-mars 2008, Dominique Taillez décède des suites d’une maladie. Une Assemblée Générale Extraordinaire se tient le 19 avril 2008 à Arles pour renouveler intégralement le Conseil d’Administration, avec vingt-neuf associations à jour de cotisation. Le bureau nouvellement constitué comprend Jean-Louis Conil (président), Jean-Jacques Destelle (trésorier), Marie-France Pelletier (secrétaire) et plusieurs vice-présidents. Il est décidé à l’unanimité de déplacer le siège social fédéral au domicile du président à La Ciotat. Une actualisation des statuts est envisagée pour faciliter l’adhésion d’individus et la création de nouveaux partenariats.
Le 24 janvier 2009, l’Assemblée Générale se tient à l’Estaque. À cette occasion, un groupe de travail sur le patrimoine maritime est créé au sein du Conseil Consultatif de la Mer P.A.C.A.
Le 23 janvier 2010, lors de l’Assemblée Générale Ordinaire à Palavas, la fédération compte trente-trois associations membres à la fin de l’année 2009. Deux associations italiennes (ISTIAEN et Vela Latine Celle Ligure près de Savone) rejoignent la FPMM. Un règlement intérieur est adopté.

Le 29 janvier 2011, à Cagnes-sur-Mer, un nouveau logo est conçu par un designer professionnel, un pavillon est créé pour les associations affiliées et le site internet de la fédération est mis en ligne. La FPMM obtient le rescrit fiscal qui lui confère le statut d’association d’intérêt général et permet la défiscalisation des dons reçus.
Implication Régionale et Reconnaissance
Le 2 mars 2013, lors de l’Assemblée Générale à Hyères, la fédération intègre le Conseil d’Administration de l’Office de la Mer de Marseille et devient membre du Comité de Pilotage de l’inventaire du patrimoine maritime immobilier de la région PACA, une opération demandée par la FPMM.
En avril 2014, à La Ciotat, la FPMM devient membre de l’AMMM et signe la Charte des ports de pêche et plaisance de la région PACA, officialisant ainsi la valorisation du patrimoine dans ces ports. À cette période, la fédération regroupe trente-sept associations adhérentes : vingt-deux en PACA, dix en Languedoc-Roussillon, quatre en Italie, une en Tunisie et quatre membres individuels.
De 2016 à 2019, sous la présidence d’Alain Blayo, la fédération traverse une période difficile, marquée par de nombreux conflits internes qui ne trouvent de résolution qu’avec la démission du président.
De 2020 à 2025, Thierry Pons assure la présidence. Sous son mandat, de nombreux projets voient le jour, en partenariat avec les musées méditerranéens, et la fédération participe à divers événements nautiques organisés par les associations membres. La volonté d’ouverture, sans obligation de contrepartie, permet de renforcer les liens – notamment en PACA – mais conduit à une diminution du nombre d’associations cotisantes, principalement en Occitanie.
En mars 2025, lors de l’Assemblée Générale à l’Estaque, douze associations sont représentées, dont seulement cinq sont cotisantes. Le président Thierry Pons est démissionnaire.
Il est décidé d’instaurer une direction collégiale pour redynamiser la FPMM et répartir la charge de travail. Un Conseil d’Administration provisoire (Patrick Georges, Cécile Crochat, Michel Wey, Philippe Derain, Jérome Guérin, Michel Rezé, Marie-Odile Rezé), vu le faible nombre de membres cotisants, est mis en place, dans l’attente d’une Assemblée Générale Extraordinaire prévue à l’automne.
Le nouveau CA se met de suite au travail : régularisations des cotisations, refonte du Site, modification de la lettre d’informations et projets pour 2025
Nouveau Départ et Modernisation Statutaire
Le 18 septembre 2025, une Assemblée Générale Extraordinaire est organisée en visioconférence. Onze associations à jour de cotisation et trois membres individuels sont présents ou représentés. Les nouveaux statuts, permettant notamment une gestion collégiale et la création de comités régionaux, sont adoptés à l’unanimité. Le Conseil d’Administration collégial est formé : d’Eric Benente (chargé de la région PACA), Patrick Georges (chargé de la trésorerie), Thierry Pons (chargé des relations hors France), Marie-Odile Rezé (chargée du secrétariat) et Michel Rezé (chargé de l’Occitanie).
Situation Actuelle et Perspectives
En décembre 2025, la fédération compte vingt-cinq associations membres à jour de cotisation : sept en Occitanie, dix-huit en PACA, ainsi que huit membres individuels. Le label « Mare Nostrum » de la FPMM est lancé, accompagné d’un grand inventaire des bateaux du patrimoine.
A la suite de l’Assemblée Générale du 31 janvier 2026, accueillie par Marine et Tradition à Palavas, l’adhésion de cinq associations, dont trois en Occitanie, porte à 30 nos membres associatifs -10 en Occitanie, 18 en PACA, 2 en Suisse-, auxquels il faut ajouter 8 adhérents à titre individuel.


